mardi 25 mars 2008

Discours à la manif du 16 mars 2008


Voici la retranscription plus ou moins fidèle du discours que j'ai prononcé lors de la manif du 16 mars. Bonne lecture !

Yonnec



Bienvenues aux courageux marcheurs qui ont fait les 27 kilomètres entre Louvain et Bruxelles. Vous êtes plus de 400 ! Bravo à vous !


Le 18 mars, voilà 5 ans qu’aura débuté la guerre en Irak.


Aujourd’hui, en 2008, au moment d’établir un bilan de cette guerre illégale, des images nous reviennent à l’esprit. Des images funestes, pour la plupart, qui feront partie de l’histoire.


- Il y a le discours du Général Colin Powell au Conseil de Sécurité des Nations Unies nous montrant des cartes où les américains étaient surs de trouver des armes de destruction massives. Ils les cherchent toujours ….


- On se souvient de Rumsfeld essayant de convaincre le monde entier du bien fondé de la démarche américaine basée sur l’unilatéralisme et la guerre préventive et qui établissaient une différence entre la bonne Europe « la nouvelle Europe » et la « vieille Europe » qui n’avait rien compris.


- Il y a le souvenir de ces manifestations dans le monde entier avec des centaines de milliers, ces millions de gens qui ont marchés dans les rues de Bruxelles, de Londres, de Florence, de Madrid, mais aussi aux USA scandant les slogans « not in my name » - « no war for Oil »


- Il y a ce sommet des Azores, où l’on voit Bush, Blair, Aznar et Barroso ensemble. Barroso est devenu Président de la Commission européenne. Je n’ose imaginer Blair devenir président du Conseil de l’UE au début 2009 comme l’a suggéré Sarkozy. On ne pourrait avoir deux personnes ayant participé au sommet de la guerre à la tête de l’Europe. Je ne veux pas d’une Europe va-t-en guerre mais d’une Europe politique, une Europe sociale et solidaire qui se soucie du bien-être des gens, en Europe et dans le monde.


- Et puis il y a les images de l’entrée en guerre, des premières frappes, de l’entrée dans Bagdad et des combats.


- Vient ensuite le discours de Bush sur le porte-avion Abraham Lincoln annonçant fièrement « Mission accomplished » en mai 2003.



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Mais de quelle mission parle-t-il ?

- d’une nouvelle démocratie, en Irak ?

- d’un respect des droits de l’homme en Irak, alors que l’on a tous en tête les images d’horreur de la prison d’Abou Graib ?

- d’une société harmonieuse ? alors qu’il y a des combats et des attentats quotidiens en Irak qui font des milliers de victimes ?



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Voila les images que l’on a tous en tête, voila ce qui nous vient à l’esprit aujourd’hui quand on pense à l’Irak. Nous n’avons pas oublié ces images qui nous ont attristé ou révolté.


C’est un immense gâchis. Un scandale. Un échec.


Après les images, viennent les chiffres. Et ils sont aussi cruels que les images !


On parle de reconstruction de l’Irak ? Je parlerai plutôt de destruction !


- 2 millions de personnes déplacées dans le pays ;


- 1,8 millions de personnes réfugiées à l’étranger, en Syrie, en Jordanie, … ;


- On parle de 600.000 victimes de la guerre en Irak, selon les modes de calcul ;


- Le taux de pauvreté qui augmente ainsi que la sous-nutrition et la malnutrition, particulièrement des enfants;


- L’économie qui est une économie de subsistance;


- Le coût astronomique de la guerre. La guerre en Irak pourrait coûter plus de deux mille milliards de dollars aux Etats-Unis, selon une étude codirigée par Joseph Sitglitz, prix Nobel de l'économie 2001. Soit beaucoup plus que l'estimation officielle de l'institut de recherches du Congrès qui évoque la somme de 600 milliards de dollars pour les combats depuis l'invasion, à laquelle s'ajoute en moyenne douze milliards de dollars par mois. Mais ces chiffres ne prennent pas en considération les pensions d'invalidité aux anciens combattants ou le coût de remplacement de l'équipement militaire et des munitions, notent les auteurs de la contre-étude. Celle-ci intègre au contraire le coût des dépenses médicales pour les militaires blessés et l'effet boomerang de la hausse des prix du pétrole. Imaginer ce que l’on aurait pu faire de par le monde avec cette somme ? N’est pas là le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté, l’exclusion, l’absence de système social ou éducatif. N’est pas cela le meilleur moyen de contrer le populisme, l’extrême droite, l’intolérance et les idéologies violentes ?



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Est-ce qu’il y a quelque choses qui fonctionne en Irak aujourd’hui ?

- Le secteur pétrolier en profite. Les contrats pétroliers conclus depuis l’occupation américano-britannique doivent être renégociés s’ils sont contraires aux intérêts de la population irakienne


- Les entreprises américaines en profitent. Dans le soutien logistique, Halliburton a décroché l’équivalent de 6 milliards de dollars en contrats en Irak.


- Les mercenaires engagés par le pentagone qui agissent en dehors du droit et des lois en profitent. Ils sont entre 15.000 et 20.000 à combattre aujourd’hui au sein de société privée comme Blackwater, Hart Group, et Control Risks.



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Cette guerre était criminelle et la stratégie du changement de régime par la force était suicidaire.

Cinq ans de guerre et d’occupation en Irak ont clairement montré les limites et les dangers de la politique de « guerre préventive » et de « démocratisation forcée ». Le pays est plus loin que jamais de la paix durable et de la stabilité. La « lutte contre le terrorisme » ne peut pas servir d’alibi pour contourner les droits humains universels.


Les partisans de la guerre nous renvoient parfois vers un soutien douteux du régime de Saddam Hussein. Critique facile et malhonnête. On ne pourrait pas critiquer une action politique sous peine de se voir accusé de soutenir le camp d’en face ? Encore la stratégie du « eux ou nous » ?


Je ne soutiens pas le régime de Saddam Hussein et je ne soutiens pas les dictateurs en général. Mais les Etats-Unis sont entrés en guerre contre ce pays, en contradiction avec le droit international et en commettant de nombreuses violations de droit humanitaire et il faut le dénoncer.



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J’espère qu’un démocrate battra le candidat républicain John Mc Cain pour la présidentielle US qui aura lieu au mois de novembre. Mc Cain, l’homme qui a déclaré qu’il resterait 100 ans en Irak s’il le fallait !


Nous ne voulons pas d’un nouveau Bush, le plus mauvais Président des Etats-Unis !


Il le faut, afin d’appliquer la seule bonne mesure : le retrait !!


Les troupes américaines et britanniques doivent se retirer d’Irak, et les Nations Unies doivent jouer un rôle plus important dans l’élaboration d’un accord de paix qui soit accepté par les différentes parties impliquées dans le conflit.


L’engagement de la communauté internationale reste nécessaire pour favoriser une reconstruction rapide de Irak et pour protéger la sécurité humaine de la population irakienne.


La guerre en Irak a révélé l’existence d’accords secrets entre la Belgique et les Etats Unis, qui rendent obligatoire selon le gouvernement d’autoriser l’usage des infrastructures belges, contre l’avis de la population, dans le cadre des activités guerrières en Irak. Nous rappelons notre exigence d’abroger ces accords.



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Malheureusement, on ne peut pas dire que le Président Bush ai retenu les leçon de ses erreurs. On ne peut accepter le discours va t’en guerre tenu à l’encontre de l’Iran.


Je refuse l’alternative simpliste de Sarkozy entre : « La bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran » !


Même la CIA dans un rapport publié en décembre 2007 a contredit le Président Bush!


Les relations tendues avec l’Iran réclament une solution diplomatique et négociée. Une politique globale de non prolifération dans la région est une partie nécessaire d’une solution durable. Nous réclamons que l’on travaille sans attendre à l’établissement d’une zone dénucléarisée au Moyen Orient, ce qui implique également le démantèlement de l’arsenal nucléaire israélien.


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Autre preuve que de l’aveuglement de la communauté internationale ; le conflit israélo-palestinien


Que faut-il pour qu’enfin le droit international soit respecté ? Combien de temps les palestiniens devront-ils encore attendre afin de pouvoir mettre fin a l’occupation qu’ils connaissent depuis 60 ans.


Voilà 60 ans que les palestiniens sont privés de leur liberté.


60 ans de privations et de souffrance, avec une situation qui a empirée ces dernières années. Dans les territoires occupés, la population civile est la première victime de l’occupation militaire israélienne et des sanctions économiques internationales.


- La population de Gaza subi une punition collective et s’enfonce dans la pauvreté absolue; Selon L'UNRWA : 4/5 des palestiniens vivent sous la ligne de la pauvreté à Gaza.


- L’usage excessif de la force ; il y a eu 130 morts à Gaza en quelques jours ainsi que 300 civils blessés.


- La construction du mur de la honte en Cisjordanie, qui sépare des familles, coupe des villages, éloigne les enfants des écoles.


- La poursuite de colonisation. Encore maintenant !!! Et ce malgré la reprise des négociations depuis le sommet d’Annapolis.


Je condamne l’usage des kassam sur les villes de Sderot ou Ashkelon. Chaque vie est vie est précieuse, pour tous, de part et d’autre.


Il faut mettre fin à l’injustice qui a perduré depuis trop longtemps.


Il faut parvenir à la solution de deux peuples-deux Etats avant la fin de l’année.


Israël doit mettre immédiatement fin à la colonisation et à l’annexion de territoires palestiniens.


Nous exigeons la création d’un Etat Palestinien !



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Il est nécessaire et urgent de proposer un autre modèle de société, un projet qui, en Belgique et dans le monde, repose sur des valeurs de respect et de justice.

Pour cela, il faut continuer à se mobiliser.


Voilà pourquoi, dans le cadre de la Plate-forme anti-guerre, les mouvements de paix, les syndicats, les organisations de solidarité Nord-Sud, les organisations de jeunesse et les organisations de femmes ont participé à la journée internationale d'action.


Aux quatre coins du monde, le mouvement de la paix a commémorer cet événement par des manifestations et d'autres activités.


La Plate-forme anti guerre compte 55 organisations réunies derrière un texte commun, dont j’ai mentionné les grands axes.


Voilà pourquoi nous nous mobilisons.


Car nous avions raison ! Nous avions raison de dire que la guerre en Irak allait être un désastre !


Car nous avons raison de dire que la situation en Palestine est intenable et que seulement par le respect du droit international, dans le cadre de négociations politiques, on parviendra à une solution juste et durable.


Car nous avons raison de réclamer le respect du droit international.


Pour l’Irak et tout le Moyen Orient, il faut sortir d’une politique basée sur la menace militaire et sur l’usage de la violence.


Les problèmes et les conflits ne peuvent être résolus que par une détermination permanente au dialogue entre toutes les parties impliquées et par une délibération diplomatique dans le cadre du droit international humanitaire et de la Charte des Nations Unies.


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Le gouvernement belge doit s’y engager ! Nous serons vigilants !


La Belgique doit être responsable et ne pas s’engager dans les scénarios aveugles de l’administration Bush ou de l’Otan.


Oui, nous le pouvons,


Oui, nous le devons,


Pour la paix au Moyen-orient.